En France, les inégalités se creusent de plus en plus, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, et la classe moyenne fait le grand écart et tente de s'accrocher tant bien que mal, se fragilise, et parfois décroche.
Cependant une chose vient en plus de la crise accroître les inégalités, la renforcer, c'est la stigmatisation des plus pauvres, des plus faibles. Et l'on entend ici et là, dans les réactions, dire que les bénéficiaires des minimas sociaux ( RSA, SMIC, allocation familiale) sont des fainéants, des profiteurs. On entend dire que les plus pauvres fraudent à la CMU, à la CAF. Le gouvernement même s'y met en parlant d'assistanat social et économique. Certaines mairies qui interdisent les cantines scolaires aux enfants des parents chômeurs.
Stigmatiser les pauvres, c'est bien, c'est dans l'air du temps. Penser qu'a coté de ceux qui travaillent à construire, à enrichir la nation, il y a ceux qui végètent, et qui tirent le pays vers le bas. Se dire que la France irait sans doute mieux, sans ses 4,5 millions de chômeurs (INSEE). 4,5 millions de crevards assistés qui attendent tranquillement planqués les beaux jours de la croissance. Sans compter ceux qui n'étant pas inscrit comme chômeurs, profitent allègrement des allocations, fruit du travail d'honnêtes gens. Ceux là même qui iront se consoler au Secours Populaire ou aux Restos du Coeur (Les étudiants, les retraités, et les smicards) ... AHHH Salauds de Pauvres !!!
Redevenons sérieux, quelques minutes. C'est bien connu qu'en temps de crise, on tire sur l'ambulance, on se retourne toujours vers les plus faibles d'entre nous, les chômeurs, les pauvres, les étrangers, et on leur fait porter le chapeau, on les montre du doigt. Mais on ne se rend pas compte à quel point c'est difficile et compliqué de bouclé un budget de 410 euros par mois (pour une personne seul), ou de 1000 euros pour une famille avec 2 enfants à charge. Aujourd'hui le fameux seuil de pauvreté est fixé a (environ) 650 euros par mois, (soit 60% du revenu médian). Tout cela est bien arbitraire, car je ne suis pas sûr qu'on s'en sorte mieux à 700 ou 750 ...
Cette approche "monétaire" est la plus commode, la plus facile. Il reste néanmoins une autre méthode basée sur le ressenti des gens, à la question " Vous sentez-vous pauvres ? " ... Selon l'Insee, « si la pauvreté monétaire, stable, touche un peu plus d’un ménage sur dix, c’est près d’un tiers d’entre eux (les ménages) qui expriment un net sentiment de difficulté d’existence »
Pour résumer, tous cela me fait penser que l'homme à un comportement tout à fait animal, soumis à une sorte de darwinisme
sociale, économique. Une sélection naturelle qui s'accentue en temps de crise et qui consiste à déposer au ban de la société les plus faibles membres, un peu comme ces troupeaux africains de
ruminants migrants pendant la sécheresse vers de plus verts pâturages, les plus faibles, à la traîne, sont laissés à la merci des prédateurs. Et où seul les plus forts s'en sorte.
Sauf que ... il me semble que ce qui nous distingue des animaux, c'est notre capacité à nous occuper des plus faibles d'entre nous. Ce que l'on appelle justement notre "Humanité", notre propension à soutenir nos pauvres. Quelqu'un disait (je ne sais plus qui) qu'on juge une société sur sa faculté à intégrer, s'occuper des ses membres les plus fragiles. Aujourd'hui, en 2012, je me demande comment sera jugé la société dans laquelle je vis. Qu'avons-nous fait de notre Humanité ?
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