Gukuna, Traditions & Ethnocentrisme

Publié le par Jayce

Hier ou avant-hier (je ne sais plus vraiment, les jours se confondent, dans ma tête), j'ai discuté d'un sujet assez intéressant sur Twitter (oui je suis sur Twitter, d’ailleurs si tu veux me Follower c'est dans la colonne de droite un peu plus bas que ça se passe, rien ne t'empêche de liker sur facebook non plus), oui donc, sur Twitter, avec Aquarrelle qui je ne sais pas, ni de comment, ni d'où, a commencé à parler de « Gukuna ».

 

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Alors, petit scarabée, tu te demandes ce que c'est que le « Gukuna » ?

Non ce n'est pas le nom qu'un sashimi japonais issu d'un poisson ultra-mortel , et encore moins une technique de combat coréenne ! Non, le « Gukuna » est une tradition qui nous vient d’Afrique et plus précisément du Rwanda.


Le gukuna est une pratique traditionnelle qui consiste pour les jeunes filles à s’étirer les petites lèvres vaginales, pour qu'elles atteignent une longueur disons... « raisonnable ». Cette pratique est destinée selon les dire, à augmenter le plaisir sexuel autant pour l'homme que la femme. Cette tradition est pratiqué depuis très longtemps et possède un rôle social d'intégration des jeune filles dans la communauté des femmes. En effet les filles qui ne le font pas sont montrées du doigt et exclues de la communauté. Personnellement à propos du Gukuna, je vais m’arrêter à là, je ne suis pas ethnologue ou anthropologue, j'ai trop peur de dire des conneries.


En fait dans la conversation twitter là où ça devenait intéressant, c'est que les gens qui ont réagi, ont eu une réaction tout à fait normale, ( si le mot « normale » veut bien dire quelque chose, disons plutôt « attendue » ), une réaction qui a été un rejet immédiat et de tout de suite condamner cette pratique comme Barbare, ou « d'un autre temps » ... certes je comprends d’où provient ce sentiment et on peut mettre à coté du Gukuna, d'autres pratiques d’altération du corps, comme l’excision, la scarification rituel, les cous de girafe, les bouches plateaux etc...


J'ai ressenti en moi-même un malaise, lié à la perception de cette atteinte au corps. Et c'est l'idée que nous nous faisons tous de ce genre de traditions, car dans notre culture (Judéo-Chrétienne) rien ne doit altérer l'intégrité physique du corps, et surtout pas dans un but sexuel ou prétendument sexuel.

 

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On ne peut pas s’empêcher de penser ainsi, de voir la barbarie, de penser à la souffrance des ces gens soumis à ces traditions. Mais c'est sans prendre en compte le fait que nous autres occidentaux voyons le monde, (et donc ces traditions) à travers le prisme de notre propre culture (la définition de l'ethnocentrisme). Et ça, ce n'est pas juste, car cette attitude peut nous amener à nous sentir supérieur à d'autres peuples, et à commettre encore les même erreurs du passé. Il faut faire très attention quand on traite d'une autre société et de leurs coutumes. Leur culture est différente de la notre, leur regard aussi. Nos traditions peuvent aussi leur paraître barbares. Il faut l'avoir à l'esprit.


Ces rites qui pour eux, sont des traditions séculaires, normalisées, ne sont peut-être pas vécu comme une souffrance, tout comme chez nous l'est la circoncision. Le caractère social de ces rites sont a prendre en compte. La notion de « normalité » (bon sang que je n'aime pas ce terme) est fluctuante bien plus que d'une société à une autre mais aussi d'un individu à un autre et donc elle ne repose sur rien de concret ou de solide que le consensus pré-établi (la règle, la loi, la norme). Conséquences, est bien malin celui peut me dire ce qui est normal ou pas entre deux cultures.

 

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Il faut donc, pour nous autres européens/occidentaux, accepter (et c'est difficile j'en conviens car il s'agit de surmonter nos propres barrières culturelles) le fait que ces mutilation, ou altérations physiques soit pratiqué sans que nous ayons à apporter de jugement. Nous ne sommes pas en position d’émettre quelques jugements que ce soit, car nous sommes extérieur à cela. Ces peuples sont maîtres de leur propres cultures, et eux seuls peuvent en déterminer la porté symbolique, sociale, cultuelle et surtout en finir ou pas avec telles ou telles pratiques.

 

J'oppose à ce principe une limite. Celui de l'aire culturelle, en effet ces pratiques doivent être fermement interdites combattues, et condamnées  dans nos sociétés et nos aires culturelles comme partout où elles sont jugés inacceptable. 

 


Publié dans Enfin moi je dis...

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Chriss 27/06/2012 14:26


Voilà bien une pratique que je ne connaissais pas et qui m'étonne profondément ! Dans le monde occidental, certaines femmes se font raccourcir les lèvres qu'elles trouvent inesthétiques en
maillot de bain parce que ça marque trop le tissu !
Mais se faire mettre au ban de la société si on refuse de le faire, ça je ne peux l'accepter.
Comment as-tu connu cette pratique ? Tu as connu une rwandaise ?

AuPetitPois 27/06/2012 07:58


Excuse moi, ce n'est pas ce que je voulais dire :) ton article est très bien.
Ma manie de vouloir tout comprendre dans les détails et de façon mathématique est à accuser, encore une fois.


Pour l'idée générale, j'ai bien tout compris et je suis bien d'accord. Bien d'accord, et plus attentive à mes jugements, maintenant lorsque je butte sur une incompréhension des autres cultures,
ça me fait penser à ton article ;)

Jayce 27/06/2012 08:11



;o)



AuPetitPois 19/06/2012 23:19


Merci pour cette explication, je n'avais pas du tout compris, dans ta conclusion, que tu voulais dire que cette pratique ne devrait pas être "interdite" mais juste qu'elle ne devait pas être
imposée (en dehors des aires culturelles correspondantes). D'accord, évidemment.


 


Pourquoi une femme rwandaise ne pourrait-elle pas se faire "étirer"? Je ne comprends pas. En tout cas, raconté comme tu le fais, ça n'a pas l'air d'être impossible à certaines, mais là encore je
ne suis sûrement pas assez informée. Je pensais vraiment que la tradition consistait en essayer de se faire étirer, et que réussir ou pas ne comptait pas, tant qu'on avait fait partie du groupe
des femmes qui s'adonnent à cette pratique.


 


C'est pourquoi je croyais viser juste en parlant d'un choix. Je pensais que les seules mises à l'écart étaient celles qui se refusaient même à essayer.


 


Et quant à mon parallèle avec l'épilation, permets-moi de te répondre sur un petit point ou deux.


Déjà, ce n'est pas si réversible que ça. Après que, pressée par l'environnement social du collège, je me suis pour la première fois rasée les jambes, les poils n'y ont plus jamais repoussé
pareil... Et pardon pour ces détails :)


Ensuite, je pense qu'il ne faut pas sous-estimer les effets de mode. Tu serais une femme, je crois que tu comprendrais mieux. Le rejet que tu décris pour ces femmes rwandaises est tout à fait
comparable à celui que j'ai vécu, adolescente, au sujet de ma pilosité, de mes vêtements, de ma façon de me coiffer, de me comporter face aux garçons, et cetera...


Ce genre de pression, tout le monde les vit, dans n'importe quelle société. Peut-être pas au même niveau, je n'en sais rien, mais tout de même... Ce n'est pas parce que la mode est plus jeune que
la tradition qu'il est plus facile de s'en émanciper.


 


C'est pourquoi je parlais d'une coutume somme toute innocente. A comparer avec l'excision, que je crois que l'on peut "juger" même de l'extérieur, elle, comme à éradiquer.


Qu'en penses-tu?


 

Jayce 22/06/2012 17:57



je ne distingue pas l'excision du gukuna ou les autres pratiquent similaires, en fait je parle de fait culturels, le gukuna n'en est qu'un exemple parmis d'autres, tu peux le
remplacer par bien des choses... certes pas (et c'est mon avis) l'epilation... j'essairai d'etre plus clair la prochaine fois dans ce genre d'article...



AuPetitPois 19/06/2012 09:23


Bonjour.


Je ne comprends pas ta conclusion. Ces pratiques devraient être interdites en-dehors de leur aire culturelle, c'est cela?


Que dire alors des tatouages "style mahori" (pardon pour l'orthographe) que pratiquent tout plein d'occidentaux? Idem pour les scarifications, qui se sont exportées, des over-piercings, et
cetera? Les hommes qui se font circoncire sans motivation religieuse?


Moi je trouve certes qu'on oscille souvent entre le grand et beau flux et mélange des cultures et le ridicule, mais je ne vois pas pourquoi il faudrait l'interdire...


 


Par ailleurs, cette "atteinte au corps" me semble bien innocente. Je ne crois pas que ça puisse faire mal, je ne crois pas que le résultat soit handicapant. Je ne pense pas non plus que beaucoup
de ces femmes rwandaises s'opposent à se faire étirer par la communauté des femmes, pour quelle raison le feraient-elles?


Si c'est pour les mêmes raisons qui font que certaines femmes ici refusent de se faire épiler les aisselles, il me semble que c'est qu'alors c'est un choix affirmé qui ne doit pas souffrir d'un
quelconque rejet, et celles qui en ont pris la décision doivent pouvoir et la défendre et se moquer royalement des opposants...


 


Mais sinon, je suis d'accord avec toi.


Nous n'avons pas les éléments pour juger, d'ailleurs je ne les ai pas non plus pour écrire mon paragraphe précédent et pour mon parallèle sans doute à côté de la plaque. Mais je voudrais tout de
même ton avis :)

Jayce 19/06/2012 18:08



Bonjour "Princesse",


bienvenue sur le blog,


Ce que je voulais dire pour ma conclusion, c'est que si cette tradition est normale et acceptée, chez eux, il n'en demeure pas moins que chez nous dans nos sociétés, elles est
inadmissible et doit etre interdite, combattue et condamnée. une tradition s'inscrit dans une culture, et la culture est liée a une population laquelle s'inscrit dans une aire géographique, en
dehors de cette aire, la traditions perd de sa force, de sa valeur et dans ce cas toute légitimité


les tatouages "Maori", et autres scarifications, c'est toi qui décide de te les faire à toi même, on entre dans un cadre de liberté individuelle, personne ne t'y oblige, ni la
société, ni ses membres, et ni aucune tradition. Et tu ne sera pas traitée en paria si tu ne t'y soumet pas, en revanche si tu impose cela a un individu quelque soit le pretexte, (religieux,
sexuelle, sociétal) alors on entre dans le cadre d'un atteinte a l'integrité physique... puni par la loi, et considere comme de la torture, et in fine de la barbarie.


selon toi, cette coutume est " bien innocente", et n'engendre pas tant de souffrance que cela ? que dire de la jeune fille traitée en paria, ou mis au banc de la communauté, par sa
mère et ses soeurs parce qu'elle ne peut pas se faire etiré les levres, celle là même qui est pas vraiment faite comme tout le monde, differentes !! n'est-ce pas la une souffrance lié a cette
coutume qui sert aussi de rite d'intégration ?


ce qui poussent une femme rwandaise a refuser cette tradition peut -etre tout simplement l'envie de s'emanciper de cette croyance, peut-etre aura-t-elle fait des études, ou voyager...
assez pour ne pas imposer cela a sa fille, en dehors du choix personnel et consenti sans aucune pression de la communauté.


tout cela en definitve est bien compliqué, et nous ne possedons pas tout les éléments pour juger en mal, mais aussi en bien ... on ne peut pas dire dire que c'est barbare... ou
innocent .. cela EST ! c'est tout ! et il faut accpeter l'autre dans la difference de sa coutume même si elle heurte nos valeurs. et il faut aussi rester ferme et dénoncer l'illegitimité de cette
coutume des lors qu'elle se pratique dans nos société.


j'ai du mal a classer l'epilation comme une alteration physique, d'abord parce que c'es reversible, ensuite parce qu'il ne s'agit pas d'un tradition, mais d'un "effet de
mode"


voila je ne sais pas si mon avis est clair... tu me dira. ça m'a permis sans doute de préciser le sens de mon propos initial.


a tres bientôt !! n'hesite pas à revenir !