Que reste-t-il de nos amours ?
08 déc. 2008 En me promenant au hasard des rues de St Paul. Je ne sais quelle force mystique ou quelle volonté particulière du destin guidait mes pas, mais je redécouvrais un itinéraire que naguère j'avais probablement fait des centaines de fois et qui me menait en un lieu remplie d'émotion.
En effet, je me dirigeais vers le square Leconte de Lisle, cet endroit a pour moi une évocation particulière, car c'est à l'ombre de ses tamariniers (dans la partie la plus septentrionale) que j'échangeais mes premiers émois et premiers baisers d'amoureux. Le souvenir me fait encore sourire, et me fait fredonné ce vieil air d'Otis Redding. Nous étions jeunes, arrogants et nous cachions notre amour derrière les bosquets du parc, à l'abri des regards de nos camarades de classe.
C'était des moments divins, accrochés à jamais au firmament des souvenirs de jeunesse.
Profil d'une jeune femme chinoise - Han-Wu Shen - huile sur toile -
Et sur la route qui menait au square, le doux souvenir de la belle demoiselle (Yu-lyen c'est son prénom), m'avait encouragé à penser à l'impossible, à imaginer l'insensé. Avais-je pensé que, 15 ans après me rendant dans ce parc, j'allais comme par magie la retrouver la-bas ? Serait-elle là à m'attendre assise sur ce même banc que nous occupions autrefois ? Avais-je imaginé tout seul, le rendez-vous improbable de nos retrouvailles ?
J'arrivais au parc, je longeais l'allée de marronniers, je passais prés de la statue du poète, et je gagnais le fond du parc... quand soudain là (vous ne devinerez jamais !!)... personne, il n y avait personne ; Juste un vieux banc en pierre, un épais et ombrageux tamarinier, des bosquets rabougris, moi et surtout, quelques fantômes, enfants de nos promesses et de nos grands serments que l'on croyaient éternels.