L'aveu inattendu
12 mars 2009
Atala au tombeau - Anne Louis Girodet - 1808- Huile sur toile
Il y a des choses qu'on n'imagine jamais entendre, à vrai dire on ne pense pas a ces choses là... pourtant elles arrivent, et pourtant elle se disent.
je m'explique.
Ce matin j'ai rencontré par hasard une trés bonne amie de tres longue date...(je ne l'avais pas revu depuis que j'avais quitté le lycée, pour vous dire !!)
Nous étions assez proche à vrai dire.
Bref on se retrouve, les embrassades, et puis les questions que vous connaissez sûrement : " et alors qu'est ce que tu deviens ? tu fais quoi de beau dans la vie ?"... j'apprend qu'elle est donc en vacances à la réunion ( elle vit en métropole depuis 10 ans... bref) pour ma part j'élucide vite fait la question (pas vraiment envie de trop m'étendre sur le sujet quitte à sembler froid et distant)... les sourires, on évoque vite fait le bon vieux temps.... et puis on s'echange nos numeros, jusque là tout va bien. on se separe et chacun reprend le cour de sa vie.
Sauf que... 1/2 heures plus tard mon téléphone sonne, c'est "Judith" (appellons là comme ça... les plus malins comprendrons pourquoi 0_o), elle veut me voir, moi pas trop, mais elle insiste, elle est en ville et me demande de la rejoindre tout de suite. rendez-vous est pris 10 minutes plus tard on se rejoint sur la promenade du barachois.
On se pose sur un banc, l'air est un peu frais, il fait lourd, il fait gris, je sens l'odeur de pluie, devant moi le bleu de l'ocean et celui de ses yeux. On rediscute un moment de tout et de rien. Puis maladroitement elle me lance :"il faut que je te dise quelque chose" (comprenez bien que pour, nous, les garçons cette phrase n'est pas anodine et sans consequences). Je lis une certaine angoisse sur son visage. Puis se dessine une forme de résignation. enfin, c'est moi qui flippe.
je ne pourrais pas vous répéter mot pour mot ce qu'elle ma dit.. mais en gros... elle m'avoue qu'elle a été tres longtemps amoureuse de moi et que j'ai été pour ainsi dire jusqu'a tres peu encore la seule personne qui comptais dans sa vie, que j'ai été sont premier véritable grand amour. Amour sincère, discret, caché.
A ce moment là... je m'effondre intérieurement... mais j'essaie de rester stoïque à l'exterieur.
Depuis le lycée, Judith m'aimait en secret... a ce point qu'elle m'avoue qu'elle avait choisi sa fillière en fonction de mes choix pour être sur le même campus, j'apprend qu'elle a quitté l'ile en meme temps que moi pour paris là encore, (et surtout que ce n'était pas du hasard ou une simple coincidence). A ce moment précis j'ai peur (je vous promet) bref... cet aveu me touche et me terrifie. me touche parceque ce que je croyait être quelques gouttes de pluie, sont en fait des larmes... me terrifie parceque la connaissant je me rend compte qu'elle a du "souffrir" pendant tout ce temps (des années en fait si l'on compte bien)... sans que je m'en sois rendu compte et que dans une certaine mesure j'en suis la cause....
Etrangement elle me souri ; je me risque a une question : "pourquoi ne jamais me l'avoir dit ?" elle me repond que ce n'était pas facile d'autant plus que (je l'avais aussi un peu oublier) à l'epoque j'etait déjà avec quelqu'un d'autre. Deuxième question : "Pourquoi me le dire maintenant ?" elle me dit qu'elle a enfin tourner la page.
Ouf.. me voila soulagé (oui je sais, c'est complètement égoiste) je ne voulais pas avoir cette responsabilité, je veux dire que tant que j'ignorais ces sentiments rien ne m'incombait, mais des lors que je suis au courant, ne rien faire, fait de moi un salaud en puissance. Mais bon... elle a tourné la page et par cet aveu elle voulait clore là un chapitre de sa vie. Elle en a, par ailleurs, commencé un autre, de chapitre, puisqu'elle est à présent marié et mère d'une pitchoune de deux ans, elle est heureuse et épanouie. Elle essuie ses larmes, au même moment je sens les miennes qui me montent aux yeux, mais je les retiens (comme un grand, même pas mal), elle me fait un grand et généreux sourire.
Comme je vous le disait il y a des choses qu'on n'imagine jamais entendre, tout simplement parceque l'on ne pense pas ces choses là.
Comme un poids qui s'est envolé je la sens plus sereine, moi aussi dans un sens... il ne reste que des uchronies à defaut de regrets car comment regretter la naissance d'un petit bout choux, et la rencontre avec "l'homme de sa vie"... non Juste des possibilités, quelques probabilités illusoires et cet horizon des évènements qui a fait que je n'ai pas vu ce qu'elle éprouvait pour moi et qu'elle n'ai pas osé venir me vers moi, a un moment ou cela aurait été possible.
Bref.. on a continué à discuter un moment, puis sentant la pluie se rapprocher nous nous sommes séparés. Décidément on ne pense jamais assez à ces choses, mais elles arrivent parfois. moi ça m'est arrivé.
le "Destin" à cette extraodinaire façon de vous frapper quand on ne s'y attend le moins et plutot là ou ça fait mal, et le passé tel les pages d'un grand herbier se tournent et j'ai toujours cette impression à chaque page de voir les mêmes feuilles mortes, encore et encore, de celles qui font dire à la manière de Girodet : "J'ai passé comme la fleur, j'ai seché comme l'herbe des champs"
La vérité est que tout ça m'a un peu déboussolé, même à l'heure ou je vous écris ces mots. Je suis "complètement" heureux et content pour elle, mais une partie de moi ne peut s'empecher de penser à ce qui se serait passé si...