Île était une fois...
25 févr. 2009
Samoan girl - Duffy Sheridan- huile sur toile
--lettre perdue--
l'île Bonaparte, Février 2009,
Chère [...]
[...] Vous avais-je dit qu'ici c'était l'été ? le soleil cogne sous ces latitudes, la chaleur est parfois si intense que bouger deviens pénible. J'aime à la fin de la journée ou les gramounes (les vieilles personnes) sortent enfin sous les banyans, lataniers, filaos et arbres aux épais feuillages ; sur les parterres ombragés, ils s'installent dans leur chaises longues et discutent en attendant que baisse le soleil. A ce moment de la journée sortent les promeneurs du Barachois, vers seize heures, la promenade commence à se remplir. Toute les génerations se retrouvent sur ce front de mer. Et j'avoue que c'est un réel plaisir que d'y voir se pavaner les charmantes demoiselles qui, déambulant d'un air faussement nonchalant, vous jete un de ces regards qui rend les hommes d'ici fou d'amour.[...]
Ne soyez pas jalouse ma chère [...] vous savez tendre, vous aussi, les mêmes redoutables filets.[...]
Ahh la femme créole, qu'elle est belle ! elle a beaucoup de caractère, elle est à l'image de cette île, elle est intense, volcanique, rafraichisante comme la brise des hauts. Son corps sculpté est accessible au prix d'immenses efforts, un peu comme la coté orientale de l'île et ses rivages au vent battus des vagues déferlantes de l'Ocean Indien ; et pourtant, l'effort en vaillant la peine, ce même corps présente de merveilleux rivages de sable blanc, léchés par l'azur des eaux plus pacifiques.
La femme créole et sa peau de basalte est un écrin pour un trésor où naît mille merveilles de douceur. Son coeur plus inaccessible encore, semblable à ces fleurs sauvages qui jouxtent les sources d'eau claires, que cachent les forets primaires, et la végétation luxuriante des cirques.
Il arrive parfois qu'elle gronde, cette femme, cette terre, elle gronde comme ma mère et se rapelle au bon plaisir de ses enfants. Et dans ses colères, furieux cyclones, elle n'en demeure pas moins belle. A vrai dire je ne sais pas si c'est la femme qui est a l'image de l'île ou si c'est l'île qui est a l'image de la femme.
Ce que je sais c'est qu'ici, la femme et l'île, sont filles du mariage d'un volcan et de l'océan. [...]
Bien à vous,
Jayce